Le miel
Lundi 23 mai 2016
Il y a dans le bal de ces effluves alcoolisés qui parfois vous colonisent de honte,
Vous installent dans une étuve insonorisée où aboie l’analyse d’un acompte,
Comme une malle, une sorte de pédiluve infestée par ma crise d’archontes.
Dans ces étales, en cuve, vous vous agenouillez d’aloi en méprise de fonte.
Il y a une saveur miel, sucrée, soyeuse et édentée dans ce baiser qui vous sue.
Sa langueur est telle, qu’elle s’émet filandreuse et duvetée à vous pisser dessus.
Pourtant, le charmeur vêle ses rejets, sa mielleuse proximité et vous fléchissez bossu.
Un instant se meurt, le miel sucré, la suceuse affamée, le traité biscornu.
Il y a l’olographie siamoise, l’artifice, la complaisance d’un revers qui vous suit,
Feint la chirurgie matoise, glisse avec une aisance de travers, vous êtes son appui.
Vous vous sentez tout de bruit, tandis qu’il reboise, trisse, réensemence l’oubli.
Un moment fortuit, où se croisent complices d’indifférences ; l’envers sans abri.
Il y a tout de même la douceur de son miel, la voix intime qui vous pleure, un peu
Ça vous tend une ordonnance vénielle et illégitime, c’est tout l’ampleur de cet aveu.
Vous repartez d’outrances, le vide existentiel, le pas infime, en gageur, comme un vieux.
Mais ça sent bon la somnolence, le miel, la foi du crime ! Vous voilà prêteur d’adieu !
— Diocluciano Mota
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Aux accusatrices
Samedi 14 décembre 2019
Pourquoi il y a-t-il tant de regards sales et méprisants de dominations fœtales ?
Oui, en quoi vaut-il mieux moins d’égard et tout autant d’intentions brutales ?
C’est tout cela que je prends en pleine poire, sans que pour autant la pression m’avale,
Elle me louvoie dans ce présent de hasard pâle où pourtant l’occasion cavale.
J’ai beau rectifier mon tir, mais la cible était trop belle, elle sentait déjà mon soufre.
L’oripeau de ma tirelire pénible craquelle sous les plaies, ma voix sait qu’elle souffre,
Mais le vaisseau à l’ire infaillible martèle ces faits, sa foi avec excès ; tout mon gouffre.
Oui, j’ai beau tenter de me relire, de me redire, mais le fusible se tait, il s’étouffe.
Je ne peux demander pardon, tant le discours est impossible, perdu dans l’isolement
De sa Pangée où la péroraison fait un détour sensible en étant féru d’emprisonnement.
Et je ne veux me ranger sur ce ton de tambour invincible ayant cru à l’apaisement
De mon phrasé de violon où chaque jour, irréversible, je m’habitue à ce crissement.
Ils font mal, tous ces gens, tous ces cons qui aboient tout ce qu’ils peuvent de sale.
Ils font mal ces faux innocents aux intentions de fracas qui s’abreuvent de métal.
Oui, ils n’ont que le râle et la dent, la punition, l’ingrat et le rat ou la preuve létale
De mon étale, de mes mots déliquescents où l’intention se débat d’un geste anal.
Même quand ils ne demandent pas pardon et qu’ils disent avec fièvre qu’ils s’excusent,
C’est en mentant qu’ils montrent encore leurs dents qui frisent leurs lèvres et s’amusent.
Ils font encore mal, quand en se retournant, dedans, ils minimisent la trêve qui s’use.
Tout leur est bien égal, le calmant néant, le temps se brise sur des grèves qu’ils me refusent.
— Diocluciano Mota
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Corpus
Dimanche 31 décembre 2017 — Dimanche 7 janvier 2018
Une meule, un ensemble de fausses couches défectueuses et cadenassées
Feulent comme un tremble qui creuse et accouche d’aranéides tapissés.
Le trisaïeulTrisaïeul : grand-père de l’aïeul (le grand-père de ton grand-père). se démembre dans la fiévreuse bouche avalant sa gueuze pissée.
Elle est bégueule avec son membre, sorte de trieuse louche, fétide et chaloupée.
Le corpus commence ici, lente énumération désintégrée et pernicieuse, là !
Comme le prépuce offense à trente l’attention toute périclitée, vicieuse, fracas !
Je le suce jusqu’à la semence, violentes frustrations, hiver calculé, l’yeuseYeuse : ancien nom du chêne vert. en chapkaChapka : bonnet doublé de fourrure protégeant oreilles, front et nuque. !
Les puces pansent somnolentes une télévision permutée, liseuse de tout cela !
D’autres solides scaphandriers se consument dans de vertes libertés insalubres
Ils se vautrent arides dans des cendriers qui fument à perte de fiertés lugubres.
Des apôtres invalident à les entôlerEntôler : arnaquer, dépouiller. de leurs écumes sur la desserte brûlée des kurdes.
Nôtre éphélideÉphélide : petite tache cutanée pigmentée. tantôt patentée de tous les maux, tous les rhumes, alerte, élucubre.
Un régal, cent fois invariable devant une fenêtre donnant sur une sodomie barbare,
S’égale au poids, infatigablement à paraître impuissant et finit dans une mare.
Ça fait mal, quand le roi intraitable, ment à mettre de l’encens de nuits aux départs !
Et détallent les rats, les notables indécents, les maîtres fainéants, les nantis, les chars !
S’il fallait reluire les amers prédicateurs de ce corpus injecté de ma propre salive,
De mon parfait cuir, nous aurions les sabreurs, leurs rictus pliés, impropres à ma dérive !
Il nous faudrait fuir vers la mer. Les voyageurs de lupus infectés emportent la lessive,
Le laid, pour la faire bouillir à terre. Les voyeurs de CanopusCanopus : très brillante étoile de la Carène, 2ᵉ plus brillante après Sirius. libérés de ma malpropre missive !
Ici et là quelques vieux mortiers ne servent plus, délaissent une image pénible.
Sans voix, les vœux d’une mariée s’étranglent à la laisse de ce mariage irascible.
Vit ici, mourra là-bas. Peu de vérité conserve les pêcheresses, et sans ambages, les ciblent.
La loi des affreux, leurs infidélités, sangle la verve épaisse dans le carnage de leur bible.
L’an 17 se termine sur des charbons ardents. Qui est capable de franchir ce champ fumant ?
Cette recette de mines que nous mangeons sans dents, à forcir des ministres puants,
Leurs pirouettes contaminent les sentons brûlants, les coupables ; martyrs ambulants.
Ce 17 examine les barbonsBarbons : vieillards ; hommes d’âge très mûr. d’un autre temps pour leur mentir avec de sinistres traitements.
Ce soir, c’est le grand soir pour s’empoisonner dans des victuailles alcoolisées,
Pour faire valoir son costume noir et frissonner de pagailles trop sonorisées.
Personne au bar de ce désespoir collectionné, le travail déraille dans ses absurdités.
C’est le bazar des tristes regards qui ont conditionné tout cet attirail et la surdité.
Le mur a été franchi, en pantoufle confortable, nul besoin de sauter, de s’y compromettre.
On murmure assis, on s’esbroufe tels des retables que rien ne saurait mesurer, démettre.
Des vœux mûrs, des asystoliesAsystolie : (vieux) arrêt des contractions cardiaques. qu’on étouffe aimable et serein pour feinter, promettre
Une fumureFumure : apport d’engrais destiné à maintenir ou améliorer la fertilité d’un sol. de fond, un engrais précis, stable, une fumure d’entretien, pour le blé, l’être.
Pourtant, pour gagner un peu, il faut payer de son gasoil, de sa toute petite liberté,
Dans le sang la confier à quelques vieux égarés ou porter un saroualSaroual : pantalon traditionnel nord-africain. pour tout y cacher.
L’important c’est de se ruiner sur un contagieux débetDébet : somme due au Trésor par un débiteur. inégal pour la communauté.
Nous sommes des mourants oubliés dans une généralité vagale qu’on a arrachée !
Une silhouette fantomatique semble piétiner à nos côtés, comme un souffle brûlant.
Elle complète dogmatique ce qui nous ressemble pour nous amener au gouffre fuyant,
Nous empiète l’arithmétique, nous rassemble pour nous juger de soufres éclatants.
Une arbalète fantastique tremble entre mes poignées disgraciées et je souffre légitimement.
Les nouvelles sont liquoreuses, elles nous parviennent en pixels insultants, cancéreux.
Leurs voyelles sont monstrueuses, elles ont des étrennes de querelles, des impotents sulfureux.
Onze tutelles désastreuses, préquel de quelques sirènes, un réel malentendant crayeux
Ont pour modèle la furieuse javelle, l’urne de peine. Ma citadelle se défend comme elle peut.
L’appartement moisit, il était déjà bien mal au départ, comme moi, il se désavantage.
Électroniquement aussi, mais tout se tient si dérisoire. Il n’y pas de loi pour le chantage.
Numériquement, je ne lis rien, je râle à trop y croire, je n’ai pas foi en son pourcentage.
Et je mens en dépit de ce putain graal. Mon perchoir est l’appât de mes échafaudages.
En face, un fou aboie tout ce qu’il peut dans des scories étranges, puériles et ridicules.
Mon hémiface droit collé au coléreux, il est aviné, introverti et il dérange mes vils tentacules.
Mon front s’agace à l’endroit d’un enjeu hardi où des sporangesSporanges : organes contenant des spores (algues, champignons, fougères…)., des sébilesSébiles : coupes peu profondes où les mendiants recueillaient les aumônes. éjaculent.
À ma place, les joues flamboient, le hargneux s’ourdit de cette vidange stérile qui m’émascule.
Ce corpus électrique n’avoue qu’un ensemble de maux alambiqués et inconséquents,
Sorte d’infarctus cynique qui se dévoue et désassemble quelques mots fabriqués et lents.
Ici, un tractusTractus : formation (souvent conjonctive) observée dans les organes ; par ext., le “conduit vocal”. rhétorique se déjoue d’un tremble haut placé trop concentré, se désarticulant
D’une société atteinte d’un adénovirusAdénovirus : virus à ADN responsable d’infections diverses. antipathique, mou et séquestré, c’est probant !
La banqueroute est générale. Le vin ne coule plus de la même manière, il se protège.
Mon aboulieAboulie : trouble de la volonté entraînant une inhibition de l’activité. doute de cette chorale et le tanin me soule le corpus somnifère, je m’arpège,
Telle une boulimie sur la route et qui dévale le chemin, la traboule délétère, le cortège.
Il faut mettre fin à cette écoute. Je remballe mon clavecin qui s’écoule et je déterre mon piège.
— Diocluciano Mota
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Déambuler jusqu’à Dunkerque
Avant 1999 (date exacte inconnue)
Le jour se lève encore comme un cri irisé, obligé
Aux sondages des âmes d’ambulantes dans leurs choix fatigués
Où tout est continental, national, communautaire ou clanique
Des couleurs, des bruits, des odeurs, l'argus des douleurs gastriques...
Nicher les bassesses, les jolies fleurs, trop belles, les tempêtes, les éclairs
Le monde est une coupe pleine de ces infidélités, de ces colères
Et le sourire comme une apoplexie immonde craché à la face
Des passants affectés de surdité sans tribut, sans race !
Nous sommes ce désir compulsif de rejet, larmes rouillées
L'innocence aliénée de gravelure boit sa soupe aux idées
Où le bien s'enrichit de toute sa latitude sans vergogne
Il faut nettoyer sa nervosité quand même, car elle cogne ! ...
Thaïlandais !! Mais que faites-vous ici, j'ai du mal à vous suivre !!!?!
Les voyages sont pour vendredi, les révolutions se lovent dans nos livres
Et le jour se lève encore sur ce flan ragoûtant, Berk !!!
Je préfère attendre la nuit et me noierai alors à Dunkerque ... !?!!
— Diocluciano Mota
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